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 Morior Invictus

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Thomas Dole
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MessageSujet: Morior Invictus    Ven 23 Déc - 17:37


Planète : Hécate
Type : Monde-ruche
Gravité : 1.41 G
Température moyenne : 18°C
Population : 32.000.000.000
Gouverneur planétaire : Anton Mercourt

Dans le sinistre cauchemar de l'avenir lointain, seule règne la guerre.
La planète Hécate n'est qu'un minuscule grain de sable dans la plage qu'est l'Imperium. Perdu dans le Segmentum Obscurus, ce n'est qu'un monde parmi des millions d'autres, et ses milliards d'habitants ne sont que des outils, un nombre, un chiffre pour l'organisation gargantuesque de l'Humanité.
Les vies qui se produisent ici, depuis maintenant 900 générations, ne valent rien. Les gens naissent et meurent. Ils vivent, se marient, connaissent des douleurs et des bonheurs, dans ce qui n'est rien de plus qu'un battement de cil.


Ville-ruche Tarsus:
 

Dans la ville-ruche de Tarsus, 2 milliards de personnes s'entassent, au milieu d'une construction polluée et tellement élevée qu'elle grimpe jusqu'aux nuages.
Au sommet de la ruche, dans une tour magnifique surnommée « La Flèche » par les habitants de Tarsus, vit la famille du gouverneur planétaire Anton Mercourt. Lui et sa maison aristocratique règnent sur le monde d'Hécate depuis plus de 2000 ans, et vouent une loyauté sans faille à l'Imperium. La Cathédrale du Faisceau est une construction religieuse magnifique, resplendissante d'or et de beauté, qui pourrait de sa lumière purger tous les ténèbres.
En revanche, en-dessous du Faisceau, seul l'enfer peut être découvert. Plus l'on descend vers la surface, et plus on y découvre des appartements délabrés de vieux blocs d'immeubles sur lesquels on a construit d'autres blocs d'immeubles, dont les plus vétustes risquent de s'écraser. Ces endroits ne voient que la lumière du Soleil à travers de vieilles ouvertures dans l'urbanisme. Des artisans clandestins et des petits chefs d'entreprise tentent de fabriquer des bricoles et des bibelots pour se faire une vie honnête et honorable. Mais c'est surtout là que règne la pègre. Des dizaines de gangs violents s'amusent à produire de la drogue, à faire des combats illégaux d'animaux ou d'humains, des courses en bagnoles retapées au point de faire serrer le cœur aux techno-prêtres qui vénèrent les machines. Seuls quelques religieux œuvrant dans des missions et des hôpitaux tentent encore de sauver les malades et les infirmes qui sont incapables de travailler et crèvent la gueule ouverte.
Le pire est sous la terre. Là, ne vivent que des mutants et des monstres dont certains ont perdu la raison au point de devenir des bêtes sanguinaires. Un épais nuage radioactif, constitué de déchets toxiques, empoisonne tous ceux qui vivent en-dessous d'une certaine hauteur. Ceux qui mutent n'ont plus d'autres choix que de vivre cachés, marginalisés, pourchassés par les zélotes et les extrémistes de l'Écclesiarchie.
Ce monde horrible, il l'a toujours été. Pour la plupart des habitants de Tarsus, cet enfer est devenu routine. Les aristocrates qui conspirent, les honnêtes gens qui travaillent en baissant la tête, les criminels qui se vautrent dans le péché... Personne ne s'attend à ce que quoi que ce soit change. L'Imperium est un régime fasciste, mais efficace, et tant que la planète d'Hécate continue de payer sa dîme, à contribuer avec ses ressources, matérielles et humaines, personne ne s'attend à ce que la situation s'améliore... Ou empire.
Jusqu'à aujourd'hui.

La jeune fille du gouverneur Anton Mercourt a disparu. Une fugue. La jeune fille est magnifique, un diamant dans le fumier, un ange dans l'obscurité. Une jeune peste, débile au point de vouloir s'aventurer dans ce dépotoir géant qu'est Tarsus. Son père est prêt à tout pour la récupérer avant que quelque chose ne lui arrive.

Mais ce petit événement risque de changer la vie de la planète et de ses habitants à jamais.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Ven 23 Déc - 17:55

C'est toujours compliqué le matin pour le drogué de base. Déjà faut faire de la place niveau ORL, vu que ça a tendance à couler partout dans la nuit. Ensuite faut ramper vers la première dose de la journée. Je mets à gestes tremblants le masque sur mon nez, je sangle tout le reste du dispositif sur ma tête et mon bras. C'est le modèle "diffusion prolongée", conçu pour ceux qui ont besoin de rester perché plus de douze heures par jour. Ca demande une dévotion totale au produit, vu qu'il faut se faire poser un cathéter centrale et que ça exclu toute chance d'avoir un travail honnête dans l'avenir, mais j'allais pas me contenter des petites dosettes pourries sous forme d'inhalateur. Non mais oh, merde quoi.

Ensuite je peux partir errer sur les plateformes à la recherche de mon petit déjeuner, voire d'un contrat histoire de pouvoir voir plusieurs repas dans l'avenir. Ca marche pas fort la détectorisation en ce moment. Du verbe détectoriser, faire le détective privé quoi. P'tète le virus préoccupe trop les gens pour qu'ils cherchent des preuves d'adultères. Ou c'est juste que les gens veulent plus voir ma gueule. Je suis pas le plus chelou de la région - on est que deux niveau au dessus du sol, sur plusieurs centaines c'est dire le déclassement sociale -, mais j'ai bien carburé niveau conneries ces derniers temps. Bon y a eu les histoires habituelles, genre je me masturbe à des endroits incongrus ou j'ai pas remboursé la thune à Untel, mais y a eu aussi la fois où j'ai fait exploser le magasin de nouilles à Machin. Truc. Je sais plus. Mais c'était pas exprès ! Enfin, encore moins pas exprès que d'habitude.
C'est peut être parce qu'il y a des inquisiteurs de passage sur la planète. Enfin il paraît. Ca préoccupe peut être les voix dans ma tête. Moi je m'en fous en tout cas. Ils viendront pas ici. Personne descend jamais. Et moi je peux pas aller au dessus du niveau vingt, parce que c'est à partir de ce niveau là qu'il y a les contrôles d'identité et tout. Du coup on se rencontrera jamais, les inquisiteurs et moi. Je peux rester à crever dans mon nuage toxique et mes gravats.

Perdu dans les paradis artificiels, j'me rends à peine compte que j'ai croisé mon copain flic - oui c'est "mon copain flic" parce que j'en ai qu'un -, et seulement parce que je suis quasiment en train de marcher dessus. Je lève vers lui des yeux rétrécis par la défonce, et je lui fais coucou de la main. Il est plus grand et moins pâlichon parce qu'il a l'occasion de voir le soleil plus souvent. J'ai la petite trentaine mais je fais plus vieux à cause de mon hygiène de vie irréprochable. Ma voix sonne étouffée à travers le masque à gaz. Dur d'être charismatique quand on a des tuyaux dans le nez.

- Tu me cherches ? Sinon les putes à prix discount c'est par là, à coté du camion renversé.

Ma question est un peu con, vu que ce brave gaillard a aucune raison de traîner dans ce secteur pourri si ce n'est pour me voir. Même les putes, niveau érotisme y a plus de potentiel dans sa propre main droite. Mais ça me gêne de commencer la conversation par "paye moi le petit dej', je ferais rien du tout si tu me le payes pas"
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Thomas Dole
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Ven 23 Déc - 18:35

Uniforme d'Arbitrator:
 

Ce qui est génial quand on est Arbitrator (Ou « flic », « poulet », « argousin », « poulaga », « condé », ou tout autre surnom très réjouissant qu'on a trouvé pour cracher sur les types comme moi dans le dos plutôt que de le dire en face), c'est qu'avec l'attirail qu'on porte, rares sont les gens qui manquent de respect. Faut comprendre, c'est politique. Le Monde-Ruche Tarsus a ses propres forces de police, des gars habillés en bleu, enfin, moyennement bleu, parce que souvent leur treillis est rempli de tâches et de merdes, mais ce sont des flics qui imposent rien à part la misère, avec leurs têtes d'anémiés et d'anorexiques, et leur trouille qui suinte à mort. Ces flics-là, ce sont les vrais policiers, « officiels », de la ville, et souvent, à moins qu'ils viennent en groupe de 10 ou 12, ils ont appris à fuir les gangs et à jamais se mêler de ce qui se passe dans les bas-fonds, sous peine de se manger des balles ou de retrouver leurs familles cloués aux portes de ce qui leur sert de barraque.
Mais si les gens aiment brûler des voitures de flics, voler la casquette à l'agent qui met des PV, ou cracher des mollards sur leurs bottes, c'est différent quand on parle de l'Adeptus Arbites, la police de l'Imperium. Nous sommes bien souvent des enfants sans parents, endoctrinés et entraînés dans les « Schola Progenium », des orphelinats tenus par des religieux fous qui nous apprennent vite à pas dormir et à passer des heures entières à prier et à manipuler des armes à feu. Quand on est diplômé de la Schola, on devient l'élite de l'Imperium, et moi, on a décidé que je serai flic, probablement parce que j'étais le petit connard en classe qui dénonçait les camarades qui fumaient de la beuh en secret ou qui faisaient le mur pour aller voir les filles en ville. Vous devez me prendre pour un chien. Mais je vais vous apprendre quelque chose, ma philosophie, ce que je crois par dessus tout. Il y a dans ce monde des lois, des règles, et elles émanent de l'Empereur lui-même, Dieu tout-puissant. Quand on vous apprendre à marcher sur le passage clouté, et pas à côté, ça semble tout con. Et pourtant, si c'est comme ça, c'est parce qu'Il a décidé que ce serait comme ça, que ce serait plus efficace, plus sûr, plus simple. Les bâtards qui coupent à travers la rue, je veux dire, ça me fait soupirer, ça me fatigue. Et dès qu'on parle d'autres crimes, là, je peux vous dire, ça me met en rage.

Normalement, l'Adeptus Arbites ne se mêle que modérément des affaires qui ne concernent pas directement l'Imperium. Mais aujourd'hui c'est spécial. Une fugue quoi. Normalement c'est pas mon problème. La fugue de la fille du gouverneur planétaire c'est autre chose. Une petite conne, comme toutes les jeunes filles. Je le sais, j'en élève une. Une gamine de 14 ans, chiante, qui sèche les cours, qui passe son temps à traîner avec des cons. Aujourd'hui, j'avais prévu de la suivre et d'aller faire manger les dents des salopards avec qui elle traîne, mais le Procureur m'a chargé de retrouver la gamine du gouverneur avant qu'on en appelle à des « moyens plus coercitifs et qui risqueraient de provoquer des troubles à l'ordre public ». Ce qu'à voulu dire le procureur, en utilisant des termes très policés, c'est qu'en gros,Tarsus est devenu encore plus un cloaque que d'ordinaire. Il y a une épidémie. Un truc grave, avec des tas de malades, très vite et tout. Je ne connais pas tout, mais un Inquisiteur de l'Ordo Sepulturum et sa troupe d'acolytes et d'experts scientifiques sont arrivés il y a pas deux semaines, donc, je pense tout naturellement que ça doit être vraiment grave.

Mais comme je vous l'ai dis, ce qui est génial en étant un Arbitrator, c'est que personne ne dit rien. Je marche avec des bottes qui font un bruit de fou, je suis cuirassé dans une armure carapace, qui sert autant à me protéger qu'à impressionner tous les cons qui voudraient me planter. Je porte à ma ceinture une paire de grenades, et en bandoulière, un fusil dont le canon est aussi gros qu'un œil humain, et qui tire pas des cartouches molles. Je suis à la recherche de quelqu'un. Un con. L'avantage avec les cons c'est qu'ils sont toujours au même endroit, ils connaissent pas la mobilité sociale. Un abruti c'est pas pareil qu'un con, un abruti ça rêve de changer de vie, de se barrer de Tarsus, de prendre le premier vaisseau pour aller dans un autre coin de cette galaxie pourrie. Les cons ils sont coincés ici, souvent à cause d'eux même. Ils peuvent chialer que c'est le manque de fric ou leur famille qui les accroches, en vrai, c'est eux-même. Bande de dégénérés. Ah, j'en ai la gerbe. Ou alors c'est juste l'environnement qui me fout la gerbe. J'ai appris à respirer par le nez, jamais par la bouche. J'ai appris à plisser les yeux, sinon ils se mettent à brûler. La pollution c'est insupportable, et pourtant les gens du coin y sont habitués, pour eux c'est moi l'anomalie, le type pas normal. Je suis sûr, on pourrait les jeter sur une planète propre, sans trace humaine, pure, avec de l'eau tellement claire qu'on en voit le fond... Eh bien ils seraient mal à l'aise.

Je le trouve. Il est reconnaissable à son masque. J'en connais des drogués, mais lui il l'est au point de se foutre un putain d'attirail sur le visage pour être constamment défoncé, H24. Comment on peut vivre comme ça ?! Moi un verre de vin à la messe du dimanche et j'ai déjà la tête qui tourne. On m'a tellement fait chié à la Schola, à me dire que mon corps c'était un temple et qu'il devait pas subir la moindre corruption, que quand je vois des gens qui se foutent des aiguilles et s'enfilent de la poudre dans le nez, je peux pas m'empêcher de serrer les dents.

Il y a du monde autour de nous. Trop de monde. Des gars qui marchent, qui vont d'un point A ou à un point B, pour certains, ou alors juste des bâtards qui vadrouillent, qui errent, qui zonent sans but. On est en hauteur, mais tout cet endroit est en hauteur, on est dans une ruche. Montés sur une de ces plates-formes, le toit d'un immeuble qui est le toit d'un autre immeuble qui est lui-même le toit d'encore un autre immeuble... Un bordel construit au fur des et à mesure des millénaires, sans aucun contrôle de l'urbanisme. Je m'approche de lui en retirant mon épais masque de fer, masque qui existe tout autant pour l'intimidation (Les drogués flippent en voyant ma tronche de fer), pour la protection (Le masque est légèrement pare-balle, pratique quand quelqu'un veut m'arracher le visage), et pour l'anonymat (Parce que la dernière chose que j'ai envie, c'est qu'un dégénéré retienne ma tronche et aille s'en prendre comme un lâche à ma famille qui vit sur Tarsus).

- Contrairement à certains j'ai la chance d'avoir une femme, et une dont le vagin est pas dégoulinant de pus.
Comment tu vas ?


« Comment tu vas ». La question est en réalité purement rhétorique. Par politesse. Je vais pas commencer à lui demander s'il a eut des crises de vomi, s'il est bien allé à la messe se confesser aux prêtres, et tout ça. Je suis pas un gardien des âmes des gens. C'est pas mon boulot putain. Moi mon boulot c'est juste de péter les dents à ceux qui font chier les gens honnêtes.

Alors, du coup, on va essayer de passer directement au business.

- J'ai une affaire à te proposer. Ça vient du Procureur Général lui-même. Je lui ai dis que t'étais débordé de dossiers, alors du coup, il est prêt à t'offrir 30000 talons, je pense que c'est une compensation suffisante.

30000 talons c'est assez pour s'acheter un studio vers les étages plus élevés, c'est à dire ceux où on peut voir le soleil en matinée au moins, et non être obligé de passer sa vie à tousser à cause des déchets. Enfin, je suis sûr il utiliserait jamais cet argent pour faire ça. Je le connais ce con. Il dépensera tout en drogues et en putes, en drogues et en pute de luxe en plus, il va flamber ça en 6 mois.

- T'as pas un endroit mieux que ça où on peut en parler ? Chez toi ou dans un bar ?
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Ven 30 Déc - 7:37

... hein ? Quoi ?

Normalement je devrais m'agiter en disant que le procureur veut me conduire à la ruine, qu'une somme pareille insulte mon professionnalisme ou je sais pas quoi, mais je trouve pas le souffle là. C'est vraiment une très grosse somme. J'en oublie même le petit dej', c'est dire. J'crois même que je commence à avoir un début d'érection en m'imaginant avec 30 000 bastos. Est ce que j'ai déjà possédé autant d'argent en une seule fois ? Je crois pas.

- ... euh... nan on va pas aller chez moi, y a deux familles qui vivent là dedans en plus depuis la dernière fois que t'es venu, c'est trop le merdier. C'est à cause sol qui monte parce que vous videz vous poubelles n'importe comment là haut. Vous vous en foutez qu'on ait perdu deux niveau hein ? ... enfin bref. Suis moi.

Les niveaux les plus bas ont une fonction simple : faire la poubelle géante. Les concepteurs des planètes ruches ont pas pensé aux bidonvilles qui allaient naturellement fleurir là dessous. Ou plus probablement ; ils s'en foutaient. Des pauvres y en a toujours. C'est juste que rapporté à la population d'une planète comme ça, ça fait des millions de milliards de clodo qui vivent dans une décharge. Mais nous on peut toucher le vrai sol quand on veut. Il est à un mètre cinquante sous mes bottes, à vrai dire. Mais c'est pas le truc le plus fascinant de la galaxie, j'avoue. Y a ni faune ni flore, et ce qu'on voit du "sol", c'est les emballages alimentaires, les capotes usagées, les gravats des travaux qu'ils font là haut, les cadavres de leurs animaux domestiques, les débris de leurs vaisseaux. Se manger une table basse tombée du ciel sur le coin du crâne, c'est une cause de mortalité très courante dans le coin. Y a des sécurités aux niveaux supérieures pour que les gens se ramassent pas ce qui dégringole d'au dessus, mais tu penses bien qu'ils allaient pas se casser la nénette à installer le même dispositif ici bas. Mais qu'est ce que j'en ai à foutre du là-haut ? Strictement rien.

Je suis arrivé dans les bas fonds j'avais... ben difficile de me rappeler. J'étais ado, voilà. Jamais eu envie de remonter. Ici c'est mon petit univers, que je maîtrise bien. J'ai de la sape à la dernière mode locale - c'est-à-dire que je ressemble à un maquereau qui se serait fait passer dessus par un 30 tonnes. Je sais où trouver de la drogue et des filles pas malades. J'ai des copains. Y a aucune vie meilleure qui m'attend là haut, le mieux que je puisse en espérer c'est mourir dans d'atroces souffrances. Le pire ça serait de vivre dans d'atroces souffrances. J'ai pas à faire semblant pour parler avec dédain du monde de mon copain flic. Je connais rien à rien, mais c'est forcément moins bien qu'ici. Déjà une fois il a essayé de m'expliquer que les médicaments étaient sécurisé là haut, alors qu'ici c'est aléatoire si t'as le traitement qui convient à ta maladie. On peut faire aucune confiance au nom sur la boite. Moi ça me semble parfaitement normal de pouvoir espérer une défonce-surprise en prenant un truc contre l'asthme.

J'avance à travers la jungles de piliers gigantesques et de cabanes archaïques. Je bavarde comme une lavandière à propos de gens que le flic n'a vu qu'une ou deux fois. Je lui donne jamais d'info réellement importante, vu que celles qui sont importantes je les fait payer, j'fais juste du bavardage de femme. Moi j'aime bien. J'aime bien les réactions de gros bourgeois du flic, elles me choquent pas parce que j'ai l'intime conviction qu'il a tort. Je me sens en sécurité ici, je connais tout, ça arrivera jamais là haut.

On arrive enfin à une porte discrète, à demi cachée derrière une pile d'écrans d'ordinateur. Le vieux va probablement me demander de bouger toute cette merde, tant pis. J'aime bien le vieux. Il est pas seulement vieux, c'est un ancien toubib de l'armée. Il s'est occupé de moi au début, alors je me suis habitué, tu penses. Les maboules dans mon genre on vit pas très très longtemps, lâchés dans la nature sans le soutien du gouvernement. Surtout quand on s'est enfui. Mais le vieux il a connu plein de... de gens dans mon style, quand il bossait. J'ai eu du bol de tomber dessus hein ? En entrant, il me salue d'un amical :

- Tiens, voilà Ducon. Qu'est ce que tu ramènes... ?

Dans le domicile du vieux, y a tous les signes d'une dévotion aveugle envers l'Empereur. Je sais qu'il déconne pas avec ça. Pourtant en voyant le flic tout harnaché, il se met à brailler :

- Mais es tu con ! Qu'est ce qu'il vient foutre ici celui là ? Vous allez dans la pièce là bas discuter je veux pas être mêlé à ces conneries !

Je lui fais un sourire et j'emmène le flic dans un espèce de grand placard à merde, qui a dû être autrefois le salon de quelqu'un. On voit des photos de moi à divers âges - jamais plus jeune qu'ado -, mais l'employeur à 30 000 piastres mérite que je déballe un peu mon intimité.
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Thomas Dole
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Sam 31 Déc - 12:09

Je déteste les bidonvilles. Il y a rien à trouver là-dessous. Les seuls gens qui y survivent, ils méritent pas de vivre.
Vous voyez, le truc marrant, c'est que la pourriture corrompt tout.
Foutez un homme là-dedans, dans les niveaux inférieurs ; Jetez-le dans ces tréfonds noirs et pollués de la ruche, et il en ressortira sale jusque dans son âme.

Il y a 10 ans, un techno-prêtre du Monde-Forge de Naville était arrivé et avait dédié son temps à refaire fonctionner un système antique de traitement des déchés, pour se débarrasser de la pollution du monde-ruche. Il l'avait fait bénévolement, dans le simple but de venir en aide à la planète Hécate dont les régiments impériaux avaient sauvé son monde. Aujourd'hui, c'était devenu un hérétique traqué par le clergé de Mars, et il utilisait ses talents mécaniques pour fabriquer des armes exotiques et pour retaper des bagnoles et des rames de métros pour faire des courses dans les rues ou des attentats à la bombe.
Il y a 7 ans, une jeune aristocrate était jetée par son mari à cause de son adultère, et forcée de quitter le luxe de son palais sur le Faisceau pour venir vivre parmi les pouilleux. Aujourd'hui, la folle dirigeait son propre gang de malfrats, qui contrôlaient came et putes à travers tout un quartier.
Il y a 5 ans, une bande de gardes impériaux dirigés par le sergent Mikael, vétérans d'une campagne militaire, sont revenus à Tarsus. Au départ, ils utilisaient leurs vieilles armes pour ramener la paix dans leur quartier, à pendre des dealers devant l'entrée de leur pâté de maison. Aujourd'hui, ils étaient juste un groupe de mercenaires et de tueurs à gage qu'on pouvait employer pour aller anéantir le commerce de quelqu'un.
Il y a 3 an, un jeune prêtre du nom de Zäal est allé dans les niveaux inférieurs avec toute la bonne volonté du monde, à faire la soupe populaire et des soins gratuits. Aujourd'hui, c'était un prédicateur qui avait subit l'anathème de l'Église, et qui dirigeait un gang équipé de lances-flammes qui veulent purger toute la corruption humaine et brûler tous les impurs qu'ils croisent.

Je crois que vous commencez à comprendre où je veux en venir, hein ?

Prenez l'homme le plus pur du monde. Vous pouvez l'armer de toutes les bonnes intentions possibles, vous pouvez lui donner le cœur le plus doux et le plus aimant que vous pouvez trouver. Vous pouvez vous inspirer de toute votre dévotion à l'Empereur et apprendre à pardonner. Balancé dans le noir de Tarsus, il va pas tenir. C'est comme tenter de nettoyer de la peinture avec une éponge. Peu importe combien de saleté vous arrivez à éponger ; Au final vous l'absorbez, la saleté. Cette puanteur, elle fait pas que vous rentrer dans les poumons et vous ronger la peau. Elle s'immisce dans votre esprit, elle souille à jamais votre âme, elle change qui vous êtes vous. Vous devenez fous. Vous vous mettez à prendre des mesures draconiennes pour faire ce que vous désiriez, et vous poussez ce raisonnement jusqu'à sa conclusion extrême mais logique. Vous devenez un monstre, en gros.

C'est pour ça que je parviendrai jamais à éprouver la moindre pitié pour les gens d'ici. Je les regardes pas avec dédain parce que je suis un gros bourge, contrairement à ce qu'on va aller chercher. Je les regardes avec dédains, parce qu'ils valent rien. Ils valent moins que des êtres humains. Je peux pas éprouver de la pitié, je ne peux pas, même pas pour une seconde, tenter de regarder les choses de leur point de vue ; Parce que regarder les choses de leur point de vue, c'est me mettre à imaginer la vie comme eux, à imaginer la vie crasse et laide et immonde comme eux, à l'accepter, et quand cette idée est mise dans mon esprit, c'est le début des ténèbres.

Et donc, pour en revenir à mon récit, c'est pour ça que j'ai du mal, à regarder la photo du drogué encore jeune. Il ressemble à mon fils ce con. Il est tout chétif, sale, avec les joues creuses et les paupières cernées. Mais. Il ressemble à mon fils. Et ça, je peux vous jurer que ça fait mal. Pendant une petite minute, à regarder toutes ces photos de gens normaux, je sens mon cœur devenir faible et chétif, à ressentir un souffle de compassion pour eux. Il faut pas. Il faut surtout pas. C'est des gens que je pourrais battre à mort avec une matraque demain. Si je me mets à avoir juste un semblant de pitié, genre à frapper un tout petit peu plus mollement... Ce sera fini. Ce sera la mort. Je m'en sortirais jamais.
Alors je range la photo et je ferme le placard, rapidement.

- Bon. Je suppose que t'es là pour que je parle du flouze alors on va se mettre au boulot.

Fais péter mec. Deux chaise, une table. Il en faut pas plus pour qu'on se mettre au travail. De mon uniforme, je sors une sorte de petit dossier contenu dans une pochette cartonnée. Je commence à en sortir des tas de papelards et des photos. Ce qu'il y a écrit, là, c'est le début de mon enquête. Avec des transcriptions d'interrogatoires, divers assermentations, tout ce qu'il y a besoin pour que je sois en règle.

Je commence par poser une photo sur la petite table de salon, une table qui a sûrement été bricolée par un artisan du coin à en juger par la bonne qualité de la main d’œuvre, couplée à l'atroce qualité des matériaux. Sur cette photo, on voit une jeune gonzesse, dans le genre « photo de famille », mais, « famille noble ». En gros, elle tire la gueule dessus. On la voit poser devant une sorte de fin muret en pierre, avec des fleurs de partout, même de la gouttière, et le superbe soleil d'Hécate en arrière-plan. La gamine a un visage reconnaissable entre mille. Elle est jolie. Genre, le truc jolie, mais même à 16 piges elle a une gueule d'angelot. Pas un seul bouton d'acné sur sa trogne, ni sur son nez fin, ni sur ses fossettes ou ses lèvres fines. Elle porte une magnifique robe, faite de plein de dentelle sur de la dentelle, avec un corset qui met bien en valeur sa poitrine, chose que je trouve répugnante et d'un mauvais goût particulier pour une gamine de 16 piges. Elle a des cheveux blonds, frisés à mort, tellement que ça a dû prendre des heures pour faire toutes ces boucles qui tombent en cascade derrière ses oreilles. Elle porte à peine de maquillage, mais elle a les sourcils taillés au millimètre près. Elle est couverte de bijoux, sur ses doigts fins, comme autour de son cou long et nu, en-dessous duquel les os de sa clavicule ressortent.

- Ça, c'est Amélie Mercourt.

« Mercourt ». J'ai pas besoin d'en dire plus. Je m'attend pas à ce que le drogué connaisse les centaines de familles nobles qui se vautrent à Hécate, mais tout le monde a entendu parler des Mercourt, obligé. En même temps ça fait des siècles que, de père en fils, ils sont gouverneurs planétaires. Ils dirigent Hécate, pas que Tarsus, Hécate tout en entier. Leur but c'est de s'assurer que la planète remplisse ses obligations, en payant la « dîme impériale ». En gros, tous les ans, Mercourt doit mettre sur pieds un nombre important de régiments de gardes impériaux, équipés et en ordre de marche, pour aller servir dans des campagnes partout dans la galaxie. Il y a 32 milliards de personnes sur Hécate, alors trouver des volontaires pour faire des régiments c'est jamais un problème. Son but c'est de s'assurer que ces 32 milliards de personnes puissent vivre, faire des gosses pour qu'on fasse d'autres générations de chair à canon, mais s'il doit faire en sorte qu'ils vivent, il n'est pas obligé de faire en sorte qu'ils vivent BIEN. Ainsi, ce bâtard, il construit des réseaux de canalisation d'eau, et il s'assure qu'on distribue des rations de nourriture en conserve ou déshydratée pour qu'ils bouffent. En hiver, enfin quand c'est l'hiver selon de quel coin de la planète on habite, il s'occupe aussi du chauffage dans les immeubles publics, même s'il est rationné. Mais tout le reste ? Le traitement des déchets ? Les soins médicaux ? La criminalité ? Il en a rien à battre, c'est pas son problème, et d'ailleurs il a même pas les ressources pour s'en occuper. En fait, c'est même pire que ça. Le fait qu'il y ait une violence constante sur sa planète est un avantage. Ça lui permet de faire des régiments de gardes impériaux assoiffés de sang, et ça permet à des chapitres de Spaces Marines de venir de temps à autre prendre des gosses pour qu'ils puissent être recrutés de force dans leur chapitre. Il y a tellement de gamins, qui en a à faire que quelques-uns disparaissent tous les mois ?

- Cela fait 38 heures qu'Amélie Mercourt a disparu de sa chambre sur le Faisceau, l'étage le plus élevé du monde-ruche. Un enlèvement. Je sais qu'au moins un des gardes du corps du gouverneur était complice.

J'en profite pour mettre une seconde photo, celle du con de garde du corps qui a décidé de la suivre plutôt que de lui foutre un coup de poing dans la tête pour l'assommer. Le gars est malheureusement extrêmement commun. Déjà c'est pas lui qui est au centre de la photo, c'est une photo de mariage ; Mais le gars en question je l'ai entouré au feutre rouge. Une armoire à glace, rasé, grosses lèvres, peau pâle. Il fait peur comme ça, mais en réalité je sais que je pourrais le défoncer à main nues. Et je dis pas ça pour me la péter.

- Mais en réalité c'était sûrement une équipe. Parce qu'ils ont désactivé plusieurs des systèmes de sécurité avant de l'embarquer. J'ai pas trouvé la moindre trace d'effraction dans sa chambre, c'est comme si elle avait été volatilisée, comme ça, comme de la poussière.
Mon enquête elle a été très rapide. J'ai passé en revue tous les cons du staff. Ça m'a demandé d'employer la manière forte, mais j'ai été capable de trouver un complice des ravisseurs qui m'a donné plein de détails.
On est à la recherche d'un groupe de six mecs, armés et encagoulés. Le truc c'est qu'ils avaient forcément accès aux étages supérieurs, et pis c'est là que j'ai dû recouper entre plein de données. Les descriptions que le gars m'a donné, le moyen qu'ils ont trouvé pour le contacter, le fichier des personnes recherchées... Le type du staff, on lui a versé une somme de 1000 talons pour qu'il désactive un servo-crâne et qu'il laisse une porte ouverte. Le gars qui l'a payé lui a tout filé cash avant de menacer sa femme s'il faisait pas ce qu'on lui demandait. J'ai pas pu suivre la trace du type ou de l'argent, mais je peux te filer un portrait robot, pour voir si tu peux reconnaître sa trogne.
J'ai pas pu suivre la trace du commanditaire, alors j'ai décidé de réfléchir un peu. Entrer sur le faisceau c'est pas donné à tout le monde, et je me suis mis à faire un pari. Que les types qui ont fait ça ont dû recevoir un visa, un permis pour venir se faire passer pour des ouvriers. En plus ça leur aurait permis d'avoir de l'équipement pour défoncer les portes et les fenêtres. L'analyse est toujours en cours et ça met un temps fou, mais je pense que j'ai quelque chose.
J'ai recoupé le fichier des visas accordés sur ce mois-ci avec la base de donnée des personnes recherchées pour des faits mineurs. Les types devaient pas être des assassins, plus une bande de brigands. Ça m'a chié une quarantaine de noms et de photos, et tous ils vivent dans les étages inférieurs, pour ça que je te trouve.

Quarante. Quarante putain de dossiers. Et encore, on est même pas sûr qu'un seul des types soit dessus. Mais il n'empêche, je lui balance le paquet de photos.

- Regarde-les biens, et dis-moi ceux que tu reconnais, dis-moi si t'es au courant de s'ils avaient un boulot pas officiel à côté de leur permis pour jouer aux maçons ou aux peintres sur le Faisceau.
Si t'as rien j'ai aussi d'autre piste. Les gars ils ont laissé leur matériel d'effraction derrière eux, et ça m'a permit de remonter jusqu'à la société qui les a embauchés. Ils ont utilisé une entreprise qui avait ses locaux bien en-dessous du Faisceau et qui fait souvent des travaux chez les nobles, mais ils m'ont dit qu'ils étaient pas censés faire quoi que ce soit chez Mercourt. Mais c'est comme ça que j'ai réduit la liste à même pas quarante noms, les gars les plus probables.
Y a aussi la question de comment ils ont réussi à cacher la fille et à la faire sortir du quartier. Là aussi j'ai ma petite idée, mais on est en ce moment même en train d'analyser les caméras et les papelards de sortie, s'ils ont pris une voie officielle, ce qui est pas sûr. On aura pas la réponse avant un moment.
Je suis venu parce que souvent t'as un coup d'avance sur la flicaille de Tarsus, tu sais bien à quel point les mecs sont incompétents. Toi t'entends des rumeurs et tout. Si t'as la moindre petite trace de pisse que je peux renifler, ça m'arrangera.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Dim 1 Jan - 8:26

Je regarde les photos avec attention. Le flic masqué attend mon analyse. Dans le tas y il en a plusieurs que je connais. Mais ça je m'en fous à la limite. J'ai pas tiqué avant, mais en fait j'ai déjà une piste. C'est en entendant "seize ans" que ça a remué là haut. Une petite meuf de cet acabit peut pas descendre ici sans laisser une odeur de souffre sur son passage.

Ouais euh... je crois que j'ai une piste, mais ça va pas te plaire. Enfin c'est pas sûr hein.

Je tiens les photos entre mes mains comme un jeu de carte, les coudes sur la table graisseuse du vieux, et je m'apprête à dire des horreurs.

Y a eu des enchères y a pas long sur des implants médicaux pour enfant. Du matos de concours apparemment.

Ce que je dis pas c'est que j'ai essayé de les récupérer mais que c'était trop cher. J'ai cru à une arnaque sur le coup. Ces implants, c'est des petits bidules que les parents de là haut colle au cul de leur mouflet pour avoir en permanence accès à leurs signes vitaux, pour savoir si leur vaccin sont à jour et que leur croissance se passe bien, ce genre de connerie. Certains modèles suppléent au système immunitaire en cas de coup dur. Si c'est de la qualité "fille du gouverneur", bah ça explique le prix, du coup. Je pose la photo d'un type et je tape sur son visage avec l'ongle crasseux de mon index.

Cela dit ça nous dit pas où est la fille en elle même. On peut retirer ces bidules sans tuer la personne, c'est même le premier truc à faire si on veut faire disparaitre quelqu'un.

'cui là j'l'ai vu bosser dans le recel d'implants. Je sais pas si il était là l'autre jour. Il vit sur le 768D. Le truc c'est qu'il va pas être super coopératif, il est paranoïaque et con comme une méduse. Et tu sais que je m'occupe pas de la bagarre moi hein.

Non la violence c'est vraiment pas mon truc. Mis à part la subir, bof. Puis y a le problème des voix. En cas de coup dur elles ont une présence plus... physique. Genre de foutre le feu. Et c'est là que s'arrête ma connaissance du sujet. Sérieux ! Le vieux il a pas voulu me dire, il a bien été obligé de l'ouvrir un peu quand j'ai capté que c'était pas de la bête schizophrénie, mais voilà. En gros, ce que j'ai pigé, c'est que quand il était dans l'armée, il enlevait des gamins. C'est assez courant tu me diras. Puis quand il est tombé sur moi il a eu la gerbe à propos de toute l'affaire alors il m'a kidnappé et caché là. Du coup je sais pas exactement pourquoi je dois éviter les portiques de contrôle d'identité, ni pourquoi le vieux doit me bricoler comme une vieille voiture pour que je reste en vie et maître de moi même. Voilà. Ca a un rapport avec les démons, certes, et ça suffit pour savoir qu'il faut pas que j'en sache plus.
L'autre truc flippant à propos de mon sauveur, c'est qu'il parle comme si il connaissait personnellement les hauts dignitaires de l'Empire dont on entend parler à la radio. Là c'est ce qu'il est en train de faire dans la pièce d'à coté, il radote tout seul. C'est qu'il est pas de la première fraîcheur et qu'il se fait bien chié, enfermé dans sa cabane. Enfin bref, ma biographie calée entre la poire et le fromage, on s'en fout, retournons à la gamine disparue. Mais c'était pour te planter le cadre quoi.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Lun 2 Jan - 19:12

- Ils auraient employé toute cette logistique, et capturé la fille de l'homme le plus puissant de cette planète, juste pour récupérer un implant ?
J'ai du mal à te croire.

Mais il n'empêche qu'il doit forcément y avoir une certaine logique là-dedans. Peut-être qu'on a essayé de lui retirer ce qu'elle avait dans le crâne, pour m'empêcher de la retrouver, justement. Si c'est le cas, faut que je me dépêche de retrouver le machin avant qu'on ne le lui retire de la cervelle. Parce que j'ai pas envie de ramener à Mercourt le cadavre de sa fille.

- Faut que tu comprennes, mec. Monsieur Mercourt il... Bah, c'est de sa fille dont on parle. La prunelle de ses yeux. Si je lui parle de ça, il va devenir rouge, et j'ai pas envie d'avoir une armée de gardes impériaux qui patrouillent dans les rues, on risquerait une bonne guerre civile à l'ancienne.

Je lui prend la photo du gars, et je fouille vite dans mon dossier en carton pour ressortir la feuille qui le concerne. C'est un petit escroc, mais je doute qu'on passe de pickpocket à vendeur d'organes du jour au lendemain.

- Tu connais le techno-prêtre Zagreus Khane ?

J'aime poser des questions auxquelles les gens ont déjà des réponses.
Zagreus Khane c'est un heretech, un mec qui a trahi l'ordre du clergé de Mars pour faire ses propres choses. En l’occurrence, ce qui lui a valu d'être excommunié, c'est d'être un biologiste et chirurgien trop talentueux. Les techno-prêtres de Mars sont des gens bizarres, alors, pour être considéré comme extrémiste par eux, faut vraiment, vraiment aller loin. En l'occurence, le crime de Zagreus Khane a été l'obsession avec le traitement des déchets. Imaginez, sérieux, un mec qui est maniaque, maniaque au point de haïr la pollution et les germes, et de devoir vivre à Tarsus. Il s'est très vite mis à être obsédé par ça, et à chercher plein de moyens pour purger la ruche. Et résultat, il a même trouvé le moyen de faire ça avec des êtres humains, à broyer leurs os et leurs corps pour essayer d'en faire du combustible. Enfin, de nos jours Khane était recherché et avec une prime sur la tête, mais il n'empêchait que ce mec là vivait à Tarsus, on sait pas où mais il y est, et il utilise ses talents et sa connaissance de rites envers l'Omnimessie pour retaper des voitures et, je suppose, s'occuper d'implants cybernétiques ultra sensibles qui sont réservés à la fille d'Anton Mercourt.

- Il y a que monsieur Khane qui a pu faire une telle chose. Nous allons donc le retrouver et l'interroger.


Normalement, en disant ça, je sais que mon pote devrait se chier dessus. Parce que Zagreus Khane est un psychotique extrêmement imprévisible, qui de plus se ballade avec des « serviteurs d'armes ». Derrière ce joli mot se cache une pratique commune et banale chez les techno-prêtres. Celle de lobotomiser des criminels ou des handicapés mentaux pour les réduire en robots serviles qui s'occupent de tâches ingrates et répétitives. En l'occurrence, Khane s'amuse à lobotomiser ses ennemis pour en faire des robots qui porte des armes lourdes. Vachement efficace.

- Tu vas m'amener sur le 768D, je sais pas où c'est. Et tu vas m'amener à la baraque de cet inconnu... Je vais le secouer un peu, et on va essayer d'avoir le domicile où se planque monsieur Khane.
Et quand on l'aura trouvé on en profitera pour le tuer, puisque c'est ce que le clergé de Mars veut.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mer 4 Jan - 17:35

Non non, ils l'ont pas capturé pour ça je pense, mais vu que ça se retire en un tour de clef et que ça tue pas le client, ben... ça fait un petit bonus de thune quoi. Je suppose. Puis il y a un GPS dans ces saloperies.

Mais bon j'ai pas le temps de développer parce que le flic masqué me sort un nouveau nom dans la catégorie "gens avec qui j'ai pas envie de traîner". Un prêtre hérétique connu. Y a beaucoup de gens qui viennent se cacher ici, dans le nuage toxique. Moi je suis plutôt d'avis de laisser vivre et de pas me mêler de ce qui me regarde pas - sauf si on me paye pour le faire. J'hésite à rappeler à mon copain que mon domaine, c'est plutôt les adultères et aider des gens à braquer des deals de drogue, pas les trucs politiques. Mais c'est pour l'employeur à 30 000 bastos. Je suppose que ça vaut le coup de développer ma conscience sociale.

Bon ben on s'en va d'ici alors.

On sort de la cabane vétuste du vieux. C'est surtout son matos de bricolage qui donne un effet "merdier", sinon à la base c'était un garage pour les premiers côlons, bien conservé de l'époque. Là on va dans un endroit beaucoup moins bucolique des bas fonds de la planète. Le 768D, c'est le numéro d'immatriculation d'un des piliers de la ville au dessus de nous. Plus concrètement ça donne des grands numéros peint en blanc sur des structures en métal gigantesques qui se voient de loin. Vachement pratique quand on est un gland des bas fonds qui cherche un gros point de repère.
On s'enfonce dans le bidonville, en passant à coté de dizaines de stand de nouilles à emporter - parce que dans le futur y a toujours des stands de nouilles à emporter. Les commerçants m'épient du coin de l'oeil, vu que j'ai pour habitude de voler ma nourriture en période de vache maigre. Voire de la faire exploser. De toute façon c'est des cons les vendeurs de nouilles. Enfin je suis une tête connue quoi, ça fait toujours plaisir. Les vendeurs de drogue, d'armes et de technologie me saluent amicalement, eux. Les passants c'est plus partagé. Mais comme je suis accompagné par un grand type masqué, personne ose vraiment m'aborder comme d'habitude. On traverse le quartier en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "force policière". Et voilà le 768D.

J'aborde gaillardement la cabane du vendeur d'implant de petites filles. Jamais eu peur des cons moi. Je frappe à la porte.

Salut. Tu connais l'adresse du prêtre à qui t'as acheté l'implant med-800 de la semaine dernière là ? Désolé j'te demande ça comme ça sans rentrer prendre le thé avant ni rien, mais j'suis pressé.

Je tente au flanc et ça fait mouche.

D'où tu... te mêles pas de ça ! Putain tu... Merde !

Et là il me saute dessus. Il a dû se dire que j'en savais déjà trop et qu'il fallait me niquer la gueule, là sur le pas de la porte, tant que j'ai pas d'arme à la main. Un des tuyaux de mon masque à gaz se coince dans sa manche et je me fais littéralement arracher les vers du nez. La panique de plus avoir ma dose efface totalement la douleur de m'en manger plein la gueule, et tant mieux, parce que se faire arracher une sonde nasale comme ça ça pique.
On roule sur le sol, et malgré le fait qu'on vive dans un monde technologique et tout ça, on en revient à la bonne tatane à l'ancienne, à mains nues. Je lui ai cassé le nez et il m'a collé son genou dans les couilles avant que le flic ait le temps d'intervenir avec son efficacité léthale.

Après ça j'ai pas très fière allure. Je me mets à vomir un peu, et je pisse le sang par le nez. J'me suis fait plus mal tout seul avec mon dispositif de dopage à haute dose qu'en prenant des coups par l'autre abruti. La bile me brûle les blessures dans le nez, et le cathérer que j'ai à la clavicule s'est un peu arraché. Vu qu'il est relié à une artère, c'est chiant. J'inspecte le tout avec panique, en attendant même pas d'avoir fini de vomir, et je sauve ce qui peut l'être - ma vie, déjà.

Merde ! J'crois qu'il reste un morceau de tuyau coincé dans ma trachée.

Je tousse et c'est pas spécialement agréable. Je respire du vrai air. Putain de merde. Il est fade et il sent la merde - probablement à cause du récemment décédé à coté de moi. J'ai légèrement envie de me mettre en PLS et de faire une petite crise d'hystérie, mais je me retiens. C'est l'employeur à 30 000 piastres. Ca vaut le coup de serrer les dents. Un cathérer je m'en ferais poser un plus tard, en or à 800 carats, et p'tète même que j'aurais engagé quelqu'un pour désinfecter proprement le truc avant. Je me relève et je m'essuie la bouche avec la manche. C'est qu'un saignement de nez après tout.

Je me dirige dans la maison du gars. Comme tous les cons, il a acheté du matos informatique au prix de l'or pour tenir son agenda à jour et installer un peu de dométique de bourge dans sa cabane. Je sors de ma poche un de mes petits bricolages qui font de moi un détective privé et pas un bouseux de base. C'est le vieux qui m'a appris les base de ces trucs là, mais j'ai personnalisé. Lui son truc c'est de bricoler pour empêcher des démons de me bouffer la tête, moi je suis dans les trucs plus concrets comme espionner la messagerie des gens et tout ça.
En fait y a même pas de mot de passe sur le terminal. Je trouve sa liste de clients sans me fatiguer. Je pensais pas trouver aussi simple sur un boulot à 30 000 PO, et pourtant j'aurais dû m'y attendre. La plupart du temps à coté du bazar y a un post-it avec le mot de passe dessus, règle de base.

Faut aller là. C'est une ferme derrière le truc là... l'ancien temple. Je sais plus comment ça s'appelle mais y a une sculpture marrante dessus.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Jeu 5 Jan - 17:15

- Arrête de bouger !

Je tiens le drogué par le col et l'oblige à se coucher par terre. C'est un bon détective je pense. Enfin je crois. Disons qu'il pourrait être plus discret. En même temps je l'ai un peu attiré dans un merdier, je crois qu'il s'y attendait pas.
En ce moment on est couche sur le toit d'un immeuble. Mais dans la ruche tout est fait d'immeubles. Disons, pour que ce soit plus clair, qu'on est sur le toit d'un immeuble, qu'en face de nous il y a du vide, et au-delà du précipice, il y a un autre grand bâtiment, avec des passerelles et des murs sacrément gigantesques. Et autour, une sorte de « pont » suspendu, sur lequel il y a des voitures et des véhicules qui passent. C'est fou comment c'est construit une ruche. Tout ce bordel d'endroits où on peut mettre les pieds, devant d'autres trucs où on met les pieds. Il fait nuit, mais même en plein jour il ferait sombre de toute manière. On ne peut voir le ciel qu'à partir d'ouvertures dans les grattes-ciels pourris qui vont jusqu'aux nuages, même si pour l'instant, on est dans les niveaux les plus inférieurs de Tarsus.

Voilà trois heures qu'on est en planque, avec le détective. Je n'ai pas appelé à l'aide, je n'ai pas demandé à des Arbitrators de venir débarquer. Pourquoi ? Parce que réfléchissez. Le mec c'est un techno-prêtre. Vous croyez qu'il sait pas comment infiltrer les communications vox des postes de flics ? Le détective drogué m'a traité de paranoïaque, alors je lui ai mis une claque et il s'est excusé. Je lui ai mis un pistolet bolt entre les mains, mais il semblait pas à l'aise. Je crois que c'est peut-être parce que le pistolet bolt, ça tire des munitions de calibre .50 qui explosent sur l'impact, s'il tire avec il a l'épaule qui se déboîte. Je lui ai dis de se mettre à la muscu, repris le pistolet bolt, et à la place je lui ai donné un pistolet stub qui tire du 9mm, c'est à dire, pour faire simple et pour les gens qui comprennent rien à la balistique, que je lui ai donné une arme totalement normale qui risque pas de l'anéantir quand il appuie sur la détente.
Et on attend. On attend. Lui il a une caméra qui prend des photos, sûrement achetée pour faire du travail de détective de pointe, genre traquer des tueurs en série. Il me semble que ce type là est l'un des meilleurs enquêteurs du monde. Je me trompe peut-être, mais c'est ce qu'il m'a dit en tout cas. J'ai besoin de son aide. C'est mon collègue, même si je suis mieux équipé pour le combat que lui. On attend depuis des heures et je lui ai payé à bouffer, c'est à dire qu'on s'est prit un paquet de chips, un sandwich fait avec de la vraie nourriture, et du café assez dégueulasse parce qu'il était en poudre instantanée, fait à partir d'une plante bizarre mais énergisante qui vient d'une planète du secteur.

D'un coup, de l'autoroute suspendue dans le vide viennent deux camions. Ils s'arrêtent devant l'entrée du bâtiment, et en sortent des tas de gens. Dont l'un d'eux est immédiatement reconnaissable.

Uniforme de Zagreus Khane:
 

Serviteur d'armes:
 

Le techno-prêtre est recouvert d'une robe pourpre couverte de traces d'huiles et de poussière. Mais même cet épais tissus ne suffit pas à cacher ce à quoi il ressemble en dessous. Un monstre, rempli de tubes et d'électroniques, de sortes de tentacules de métal. Les techno-prêtres sont sérieusement les gars les plus terrifiants de l'univers. C'est une chance qu'ils soient très isolés et qu'on sache rien sur eux, parce que je suis sûr que ça me foutrait des cauchemars. Oh, vous inquiétez pas, je comprend leur utilité. Je prie le Dieu-Machine hein, quand je nettoie mon flingue ou que je répare mon ordi, j'oublie jamais de donner une petite prière à l'esprit qui l'habite. Mais au-delà de ça, ils me foutent un peu les jetons les gars du clergé de Mars. Pas comme les prêtres de l'Ecclesiarchie, qui ne vénèrent pas le Dieu-Machine mais le Dieu-Empereur sous sa forme humaine, eux au moins ils ont l'air de bons religieux et pas de... De cyborgs terrifiants.

Je divague. On observe. Zagreus Khane l'heretech est accompagné de 4 serviteurs d'armes. Des hommes lobotomisés et réduits à l'état d'esclaves serviles sans pensées. Leurs bras ont été remplacés par des armes. Genre il y en a un qui a un multi-melta, qui crache un gros rayon à énergie, construit pour détruire les chars d'assaut. Ou un autre qui a un lance-flamme, et le troisième il a une tronçonneuse longue comme ma jambe. Je vais pas vous faire une orgie de descriptions, je pense que vous avez compris ; Il faut surtout pas s'approcher d'eux, sinon on est fini.
Khane est en train de discuter avec un homme à la peau blanche, qui semble terrifié. Khane l'engueule, l'attrape par le col. Impossible pour nous de savoir ce qui se passe. Si ce n'est qu'à un moment, Khane sort une espèce d'outil mécanique, et lui enfonce dans l’œil. Le type hurle, et il hurle tellement fort que ça fait écho dans le vide et qu'on l'entend depuis là où on se trouve. L'espèce de vieil outil rouillé s'enfonce dans son crâne, et lorsqu'il lui retire, l’œil entier est arraché, avec les paupières et une partie du cerveau.

- Un conseil petit. T'approches pas du techno-prêtre Khane.

Je lui dis parce que je suis un gars très vigilant.
L'heretech se met à hurler à ses types. Puis, il traverse la cour et entre dans le bâtiment en acier accompagné de ses 4 serviteurs d'armes. Devant, là, à l'extérieur, sur une sorte de gigantesque plate-forme que j'appelle « la cour », restent les deux camions, le cadavre, et une douzaine de mecs bien humains. Certains sont armés de fusils, mais en fait la plupart semblent être juste des ouvriers qui portent des caisses pour remplir les camions.

Allez. On va pas rester là. J'attrape le détective avec une main et parvient à le soulever, tellement il est léger. Je l'accroche à moi, tandis que je fixe mon bras avec une pince sur un câble qui relie notre toit avec le bâtiment en face. Je me jette dans le vide, et on coulisse le long du câble, jusqu'à tomber tous les deux sur la plate-forme du bâtiment. On se cache vite tous les deux derrière une grosse boite en métal, alors que je jette un œil aux deux camions.

Je me retourne vers le détective et lui donne deux grenades krak. Une dans chaque main. Puis je lui chuchote à voix basse.

- Met les sous les camions et fait les sauter. Moi je vais essayer d'attraper Khane.
Eh. Tu m'écoutes petit ? Fait pas le peureux va. Tant que tu restes couché et que tu te fais pas voir ils te tueront pas.


Je lui laisse même pas le temps de répondre que je me lève et me casse en fonçant vers un pan de mur en face.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mer 11 Jan - 16:59

Je suis emporté par le souffle de l'explosion. J'ai foiré mon lancé. Trop la trouille que ça rate, je me suis trop rapproché. J'ai déjà lancé des grenades pour rire quand j'étais gosse, mais pas des comme ça, et jamais pour détruire les camions d'hommes-robots terrifiants. Et maintenant je vole dans le décor, et me mange douloureusement le sol caillouteux. J'ai le coté droit brûlé, comme si j'avais essayé de me retourner face à l'explosion à la dernière seconde. Et j'entends plus rien, et peut être que tous les os de mon corps se sont brisé sur les cailloux, et peut être même que je suis mort. Un putain de merdier quoi. Mes seules pensées cohérentes dans ce brouillard de douleur et de confusion sont pour insulter mentalement ce connard de flic masqué qui me parle débilement parce que j'ai pas fait les commando.
Un pneu en feu roule près de moi.

De nouveau des bruits violents. Je me recroqueville sur ma petite parcelle de cailloux ensanglantés. Puis l'inquiétude d'avoir cassé l'appareil du vieux me prend et j'oublie tout le reste. Je m'agite pour examiner ma hanche droite. C'est là qu'est accroché le petit bidule qui empêche l'Empire de me trouver. Qui m'empêche aussi de trop entendre les voix d'un autre monde. C'est soudé à l'os de mon bassin, même si je voulais l'enlever je pourrais pas. J'ai pas l'art pour ça de toute façon. C'est autre chose que de faire une petite prière de rien du tout pour accéder à la messagerie de quelqu'un. Y a des années de bricolage dessus. Et faut surtout pas que je le pète, sinon je vais me faire engueuler. Est ce que ça résiste à la chaleur ces machins là ? Il a la même tête que d'habitude. Un vilain petit boîtier gris de la taille d'une boîte d'allumette de bar avec une grosse LED violette dessus. Qui me sort de la peau.

Des bruits près de moi. Je relève mon museau ensanglanté. L'explosion m'a rendu à moitié aveugle et sourd, mais je reconnais le techno-prêtre qui s'approche. Et mon flic ? Il est mort ? Putain, merde, pauvre gars. Enfin c'est mon tour maintenant. Je tire sur le connard, il s'en fout complètement et je me suis encore ruiné l'oreille pour rien. Je me traîne sur les fesses pour m'éloigner. Il a des tuyaux partout encore pire que moi et il y a sa foreuse au dessus de ma tête. Il a l'air de vouloir lui aussi examiner ma hanche, sans vraiment tourner ses bidules technologiques vers moi. Enfin ce qui lui sert d'yeux - il a pas vraiment de visage observable. Je dois pas représenter une grosse menace pour lui. Il a raison. Rien dans ma biographie ne me prépare à affronter un truc pareil.
Le vieux m'a volé à L'Imperium, a trouvé d'une manière ou d'une autre le moyen de me cacher, et j'ai passé ma vie dans ce trou. Voilà. J'ai sauté le chapitre où on m'apprend à gérer des puissances contre-nature.

Le techno-prêtre a partiellement pris feu, comme font toutes les choses qui me laissent à croire que ma vie est en danger. C'est pas exprès, je voulais pas. Comme à chaque fois j'ai l'impression que la majorité du chaos de l'univers se déroule dans mon crâne. J'ai peur comme un petit enfant, alors que je suis pas le plus émotif d'habitude. Surtout que le feu joue en ma faveur cette fois ci. J'ai peur parce que la première fois que c'est arrivé, des mecs sont venus pour tuer mes parents et me kidnapper. Le genre de souvenir qui peut marquer quand on est enfant.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Lun 16 Jan - 14:21

L'explosion du camion remplit son rôle. Une formidable distraction. J'espère que le détective est assez intelligent pour se cacher et ne pas se faire repérer, mais je n'ai pas à lui dire. C'est un détective très expérimenté et professionnel, il me l'a dit, alors je ne devrais pas avoir de soucis avec lui.

Je cours vers le grand bâtiment de métal, pendant que les gardes franchissent la porte en aboyant. La plupart sont extrêmement mal équipés, ils ne portent que des habits en haillons ou en cuir de brahmine, et des fusils qui ne pénétreront pas mon armure carapace. Néanmoins, je ne tente pas le diable, et reste caché, collé au mur et dans l'ombre, tandis qu'ils foncent vers les camions en feu.

Quand enfin je n'entend plus rien, je décide de passer par la porte d'entrée qu'ils ont franchit. La porte d'entrée direct. Comment puis-je faire autrement ? Je n'allais pas m'infiltrer par la fenêtre tel un espion agile. J'incarne l'autorité moi. L'autorité absolue de l'Administratum.

À peine je suis dans le perron de l'entrepôt, qu'un garde à l'entrée me hurle dessus, d'une voix aiguë, assailli par la surprise.

- Putain de merde ! Les flics !

Il tente de s'échapper quand je lève mon fusil et appuie sur la détente. La moitié de son crâne est pulvérisé, laissant une tête boursouflée comme un chou-fleur, et un corps qui s'écrase lourdement au sol.

- Vous avez le droit de garder le silence.

Ah ah ah.

Je me suis entraîné pour faire des punchlines. J'adore lancer des punchlines quand je tue des gens. Peut-être que ce type avait des enfants, une famille aimante, un chien avec qui il jouait à la balle. Je sais pas. Je m'en fiche un peu. Je marche dans ses restes de cerveau alors que je « pompe » le fusil dans un fracas métallique.

Je continue plus loin dans le complexe. Je vois un autre gars qui sort d'une porte juste devant moi. Il a même pas le temps de crier que je lui donne un coup de poing en pleine face, assez pour lui casser le dents de devant. Je colle le canon de mon fusil contre son ventre, et appuie à nouveau sur la détente. Il s'écrase au sol, du sang dégoulinant de la bouche, et meurt dix secondes plus tard.

- Eh bien. On dirait que t'as des tripes.

En effet, elles sont sur le sol. Vous avez compris le jeu de mot ?

Je continue plus loin avec le même calme complet. Jusqu'à me diriger vers une porte métallique que je défonce d'un coup de pied, la faisant voler de l'autre côté. Devant moi, il y a deux serviteurs d'armes qui me tiennent en joue.
Pas de phrase cool sur ce coup là. Mes yeux s'écarquillent et un sentiment de trouille intense s'empare de moi je me replie et me jette dans le couloir, au sol, me tenant la tête, tandis que j'entends les canons des serviteurs faire leur rotation.

Je me roule en boule, position fœtale, tandis que les balles de bolter lourd commencent à arracher les murs et projeter des débris sur mon corps.
Je me met à ramper sur le sol tandis que de multiples explosions retentissent juste au-dessus de ma tête. Je me replie d'où je viens. Putains de serviteurs. Il y a quelques instants je faisais le malin, et voilà ce que ça rapporte de faire le malin : De la merde. Je me retrouve aplati comme un serpent, alors que je retourne dans les tripes du mec qui les a projetées sur le sol. Les canons me suivent, mais continuent de viser trop haut. Le bâtiment devient une sorte de gruyère constitué de milliers de petits trous.

Quand enfin je suis un peu plus à l'abri, je me relève et me colle à un mur. Je vois un des sbires de Khane qui revient dans l'entrée. Je suis obligé de lui tirer plusieurs balles dessus, qu'il tente d'esquiver, avant d'enfin le toucher et le voir s'écraser sur le ventre. Et d'autres gars qui reviennent. Ah les cons. Je lance une grenade aveuglante, spécial pour l'anti-émeute au milieu des employés, puis fuis dans l'un des escaliers de service.

Les tirs des serviteurs continuent, alors qu'il doit y avoir deux ou trois pièces d'écart. Ils s'en foutent. Les armes qu'ils utilisent sont des calibres lourds et explosifs. Je me contente de courir, tandis que les murs, même porteurs, sont pulvérisés les uns après les autres, projetant des gravats partout sur le sol. Je me retrouve sur une échelle d'acier, que je monte à la force de mes bras, avant de me retrouver sur un échafaud métallique. Parfait. Je dégaine mon pistolet bolt, et fait feu sur les deux lobotomisés. Les balles font de gros trous dans leurs corps et exposent leurs circuits qui projettent des braises et des arcs. Mais ils ne ressentent plus la douleur, et fond directement feu sur ma position. J'échappe un hurlement de terreur alors que je me couche au sol. Les câbles de l'échafaud explosent, se désintègrent et font chuter la construction. Je m'accroche dessus comme un chat apeuré à une branche, tandis que mes pieds tombent dans le vide. Sur le toit, des morceaux de fenêtres et de plafond s'effondrent. Une destruction saisissante. Je chute et m'écrase à travers un poteau en fer puis directement sur le sol de pierre, lourdement. Quand je me retourne, c'est allongé, et uniquement pour finalement achever les deux serviteurs qui sont devant moi, à quatre mètres.

Je me lève. Enfin je crois que je me lève. Je vois très vite que l'une de mes jambes ne va pas bien. Elle est retournée sur elle-même. Je me retrouve sur les fesses, avec un morceau de tout l'os en-dessous mon genou qui s'est barré de traviole. Mon pied est à l'envers ! J'observe le spectacle une seconde, tandis que j'entends un gars crier et foncer avec un fusil pour me tirer dessus. Je l'abats juste après qu'il ait ouvert le feu, et halète en sentant une côte se casser sous mon plastron lorsque le projectile me percute.

Je sors une seringue de drogue, et me la plante directement dans le cou. Le liquide s'injecte et entre sous ma peau, dans mes veines. Un anti-douleur. Juste de quoi réussir à remettre ma jambe droite à l'aide de ma matraque, et de me foutre sur mes talons. Allez. On y est presque.

Dehors j'entends une seconde explosion, suivie de tas de tirs d'armes à feu. Mais je n'y prend pas gare. Qu'importe que le détective soit mort. C'est un fidèle de l'Empereur ; Mourir à Son service est un honneur, et certainement pas une faute.

Je titube pour descendre dans les antres de l'usine enflammée, qui est en train de s'écrouler. Je traverse une sorte de double-porte qui a sauté, et je vois sur le sol des cadavres en putréfaction, le genre qui doit être là depuis plusieurs jours. Ils portent des uniformes de la police de Tarsus, et ont le corps déchiqueté de balles. Je serre un peu les dents en observant ça, mais je n'ai pas le temps de me formaliser dans une enquête. Je descend les escaliers pour entrer dans ce qui semble être une salle des machines.

Il y a des sortes de cuves géantes et fumantes, et une chaleur immonde commence à m'envahir. Je sue, de mon visage blanc par la douleur et la drogue qui font effet dans mes veines. Je sens mon cœur pulser lourdement dans mon torse alors que j'aperçois, au milieu de ça, un homme portant une robe rapiécée devant un ordinateur. Je dégaine mon pistolet et le met en joue en approchant doucement.

- Zagreus Khane ?!

Il se retourne lentement. Derrière-lui, sur une sorte de gros écran, passent des noms, des chiffres, des mots qui indiquent des lieux, des informations confidentielles. Mon attention est distraite un moment par ce que je vois, avant d'à nouveau me concentrer sur l'heretek qui m'observe.
Il n'a pas de visage. Ses yeux sont remplacés par des sortes d'implants cybernétiques. Il a le dos voûté comme un bossu, tandis que sous son simple vêtement tâché et mal cousu, je vois sorti des tas de tentacules métalliques qui entrent à l'intérieur de son corps. Avec une voix robotisée d'ordinateur, il se met à pointer un doigt vers moi et à me parler.

- Arbitraror. Qui m'a. Trahi ?
- C'est fini Khane. Vous êtes en état d'arrestation pour de multiples crimes envers l'Imperium. Laissez-vous faire et aucun mal ne vous sera fait.
- Vous êtes. Seul.
- Mais j'ai juste eus besoin de moi-même pour venir ici Khane. Je suis venu pour vous poser des questions sur la fille du gouverneur Gebbet. Vous l'avez vue.

Ses yeux semblent... Bouger. Des petits mouvements électroniques qui bougent ses sortes d'yeux, et les marques sur son ossature ressemblent presque à des rides.

- Affirmatif. On me l'a apportée.
- L'implant dans son cerveau ? Où il est ?
- Dans son. Crâne.
Je n'ai pas pu le. Retirer. Trop dangereux. Risque de la tuer. Employeur pensait que sa mort serait inacceptable.

- L'implant est encore dans son cerveau ?
Pourquoi on l'a pas repéré alors ?!

- J'ai changé la. Fréquence. Elle émet moins. Fortement.
- Si j'activais une antenne à la surface de Tarsus, je pourrais la retrouver ?
- Bien sûr.
Mais vous n'en aurez pas. L'occasion.
Vous allez mourir ici.


Zagreus Khane leva sa robe, et dévoila une arme d'hast qu'il leva en l'air. J'ouvris le feu sur lui, mais les balles se contentèrent de s'écraser et de déchiqueter son armure. Il abattis la hallebarde à terre, et un choc électrique traversa le métal sur lequel nous étions tous les deux.
Un courant me traversa, et je m'écrasais sur le dos. Je me sentais paralysé. Apeuré. Un goût... Amer et sale comme si j'avais léché du cuivre dans la bouche. L'heretek s'approcha et se prépara à m'empaler du bout de sa hallebarde ;
Quand soudain, il fut traverser d'une trentaine de coups de feu. Il se mit à pousser un hurlement robotisé tandis que son corps était déchiqueté, et il tombait à mes côtés, fumant.

Dans la pièce, des policiers de Tarsus foncèrent à l'intérieur, accompagnés de collègues Arbitrator. Je fermais les yeux, rassuré, lâchant prise, quand je vis un de mes collègues s'approcher de moi.

***

- L'inspecteur Armeï de Carakan est dans un état stable. Nous allons lui donner des soins d'urgence avant de le ramener chez lui.
- Et que faisons-nous de l'homme qu'on a trouvé à l'extérieur, près des camions ?
- L'indic ? Guérissez ses brûlures puis amenez-le dans l'appartement de l'inspecteur de Carakan. Après tout, c'est lui qui a voulu le payer.
- Vous voulez dire... Qu'on amène un pouilleux dans les districts supérieurs ? Dans la maison de sa femme et de ses enfants ?
- C'est son problème. Pas le notre.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mar 17 Jan - 15:12

J'ai fait voeu de pas remonter, plus ou moins. J'ai fait enlever l'implant de base avec mon identité et tout, pour même pas pouvoir prendre l'ascenseur. Y a que les malades qui ont vraiment, vraiment besoin de se cacher qui font ça. Ca te pose un bonhomme de promettre de rester pour toujours à la cave. Mais j'm'en fous. J'ai mon petit recoin de l'univers que je connais bien, où je trouve tout ce que je veux, et où on me fout la paix. Pour ce que j'en sais, les gens sont les mêmes partout. Et puis j'aime bien la routine, c'est reposant.
Du coup imagine le choc quand j'ai vu le ciel par la fenêtre.
On m'a anesthésié pour soigner mes brûlures et me foutre là, c'est gentil. Mais le réveil est compliqué. En plus l'air est bizarre. Il pique pas les yeux, ça brûle pas dans la poitrine et... et il défonce. Trop d'oxygène dedans. En même temps il a pas de goût. Et... et... et il est où le putain de techno-prêtre ? Les trucs qui explosaient ?

Pas dans cette chambre visiblement. On dirait que c'est chez quelqu'un. Ca ressemble à... à une chambre d'ami. Le souvenir de ce genre de maison remonte à loin. Il y aura une salle de bain, peut être deux. Une salle de jeux pour les enfants. Un frigo avec des fonctions chelou. Un endroit pour les diverses prières à l'Empereur. Y aura pas une grosse dame en train de changer un bébé à moitié mort sur la table de la cuisine, comme chez moi. C'est beaucoup trop propre pour imaginer de la merde de nourrisson dans l'histoire.
Du coup par respect, je me sens obligé de vomir par la fenêtre, au lieu du sol. Pas de bol pour ceux d'en dessous.

Bon faut que je me tire. Que je négocie un moyen de redescendre au flic maboule qui envoie les privés dans une guerre de tranchée. Faut déjà que je le trouve dans cette maison playmobil.
Je me lève pour m'écrouler aussitôt par terre. Des crampes. La tête qui tourne. L'anesthésie m'a fait oublié un point de détail mineur : je suis en manque. Et des démons me parlent. Oh joie.

Je suis tellement en danger que je pourrais m'allonger sur une tronçonneuse allumée sans l'être plus. J'ose plus bouger pendant quelques secondes, j'ai la sensation qu'une simple pensée de ma part pourrait faire jaillir l'horreur de derrière les rideaux. Les... je sais pas quoi. Ce que j'ai vu dans des cauchemars que je sais être vrais. Je me concentre sur ma respiration, vu que j'ai lu quelque part que ça devait être une bonne idée. OK la crise est passée. Reprenons le plan : redescendre d'ici.

Je me relève avec l'aisance d'un faon nouveau né. Je suis vraiment malade. Je sais pas qui s'est occupé de mes blessures, mais il a pas eu la prévenance de faire pareil avec les hématomes et... ça. J'vais encore vomir comme un chien qui se purge. On m'a changé mes fringues, pour des propres qui s'enfilent facilement sur un type inconscient, et j'en pleurerai de rage qu'on me balade comme ça en me piquant mes affaires. Et à ce moment là y a une petite bonne femme qui rentre.

- Euh... bonjour. Vous êtes un collaborateur de mon mari c'est ça ? Oh, excusez moi, j'ai entendu du bruit alors je me suis permis de rentrer et... enfin voilà. Ca va ?

- Ben ouais ! Enfin euh... oui oui. Vous auriez pas un seau ?

- Pour quoi faire ?

Pas très futée la dame. Du coup je lui explique en live. Elle s'enfuit en s'excusant à grands cris, probablement partie chercher de quoi nettoyer. Je m'attendais pas à un techno-prêtre de cet acabit.
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mar 24 Jan - 15:39

Mes yeux s'ouvrent très lourdement, alors que j'entends des bips multiples de machines. Je suis nu, allongé sur une table, et autour de moi je vois des gens bizarres qui arrêtent pas de me toucher. Ils m'appliquent des choses bizarres, m'injectent de produits dans le bras. À chaque fois que je tente de parler, une grande femme blonde, pas super jolie, me dit gentiment de fermer ma gueule, avec les formules mielleuses, comme quoi je suis en état de choc, tout ça ;

Je me sens engourdi. J'ai des spasmes. Et il semblerait que je sois cuit. Littéralement je veux dire. Sur ma peau sont formées des plaques rouges, atroces, infectées.

En voyant ça, le choc est trop grand. Je sombre dans une inconscience totale alors que les bips autour de moi s'accélèrent.

***

- Vous êtes réveillé inspecteur Carakan ?

J'ouvre mes yeux. Ils sont tellement lourds que j'ai l'impression que c'est une effort surhumain de soulever mes paupières. En face de moi, un homme se tient tout au bout du lit, les mains appuyées sur la barre.

- Monsieur le commissaire ?!
- Ah ah... Du calme inspecteur. Nul besoin de me saluer. Reposez-vous donc.
Vous nous avez fait une bonne frayeur, Carakan.

- Co... Comment vous saviez ? Pour la localisation de Khane ?
- Vous ne pensiez tout de même pas que nous allions vous laisser traîner dans les bas-fonds tout seul ? Nous vous surveillions depuis votre départ.
Il est triste que Zagreus Khane ait été décédé... Avec lui disparaît toute chance de pouvoir retrouver la fille d'Anton Gebbet.

- Non. Non il... Il m'a avoué quelque chose...

Je lui explique. Rapidement. Tout ce qui s'est passé. Je regarde le visage du commissaire, même si j'ai la vue brouillée, et j'ai l'impression que sa face se décompose.
Un long silence gênant règne alors un bon moment.

- Je... Reposez-vous, inspecteur Carakan.
Nous verrons pour la suite des événements très prochainement.


***

Mon appartement se situe sur un des étages supérieurs de Tarsus. Il est coincé dans les nuages, ce qui explique pourquoi il fait toujours très frais et brumeux. Pourtant, l'air y est pur et très bon. On ne voit pas partout le ciel, parce qu'il y a encore d'autres constructions au-dessus. Mais il n'empêche ; On vit bien mieux ici qu'on ne vit dans les étages en-dessous.

Des servo-crânes volent un peu partout, avec des caméras installées dessus, pour pouvoir surveiller les allées-et-venues des passants. Des militaires de la Garde Impériale gardent de grands bunkers sur des positions stratégiques, tandis que j'observe, dans un petit parc fait d'herbe exportée, une mère qui surveille ses enfants qui jouent sur une aire de jeu.

Il fait bien vivre ici. Et j'ai été adopté par Tarsus. J'ai que des potes dans ce quartier.

Tenez, voilà que j'entre dans le couloir, et le voisin vient me voir. Il s'inquiète de mes blessures, me demande comment je vais. On discute rapidement deux bonnes minutes. Le temps que je lui rassure que tout va bien, avec un grand sourire. Puis je lui donne une petite tape sur l'épaule, et il me dit que je suis toujours invité au barbecue dans une semaine.
Puis je monte les escaliers pour aller jusqu'à chez moi, au troisième étage. Un quatre-pièce, avec deux WC, une salle de bain ; En bas on a un garage avec une voiture. On vit bien. On est dans la couche moyenne-supérieure de Tarsus. C'est pas mal pour un orphelin, non ?
Et tout ça je l'ai pas volé. Jamais. J'ai jamais reçu un pot-de-vin. Tout ça je l'ai mérité, à la force de mon travail et de ma conviction pour l'Empereur.

Je m'approche de la porte, et je vois qu'elle est déverrouillée. Tant pis. J'ouvre. Je retire mon grand vêtement et le pose sur le porte-manteau, tandis que je frotte mes pieds sur le paillasson.
Immédiatement, ma femme arrive dans le couloir. Je lui souris. Elle me fout une énorme baffe. Et elle se met à me hurler dessus, pleine de rage et de vindicte.

- « Tu faisais des heures sup » ?! TU TE FOUS DE MA GUEULE ?!

- Chuut, calme-toi, je-

Une deuxième baffe. Une troisième. Elle tente de me frapper en m'insultant, et en hurlant. Elle est tarée ma femme. Je me retrouve à devoir lui attraper les poignets, à la tenir, à la coller contre moi pour qu'elle se calme. Elle tente de me mordre. J'ai l'impression d'être en situation anti-émeute ; Sauf qu'en situation anti-émeute, je distribue des pains à gogo. Là je fais tout pour par qu'elle se blesse.

- J'aurai fais comment si t'étais mort ?! HEIN ?! Tu crois que je peux m'en sortir sans toi ?! Pourquoi tu m'as menti ?!
- C'était une mission secrète ! Elle concerne le gouverneur lui-même !
- Le gouverneur peut aller se faire voir ! C'est pas mon mari !
- Ne dis pas des choses comme ça, c'est illégal.
Où sont les enfants ?

- À l'école ! Ils sortent dans deux heures !
- J'irai les chercher.
Où il est le... Le.

- Dans notre chambre ! Il arrête pas de dégueuler ! Où est-ce que t'es allé chercher un type pareil ?
- C'est un héros de l'Imperium.
- Un héros de l'Imperium ?! Il a vomi sur le tapis ! Et il sent comme un chien ! Je lui ai coulé un bain, mais il a refusé. Je lui ai proposé de manger, mais il a tout de suite vomi après.
- Il a refusé de prendre un bain ?

Faut qu'il se désinfecte. Il est crade.
Je vais dans la chambre à coucher, où je trouve mon « ami » qui est allongé contre le mur, un seau entre les jambes, à se vider de lui-même. Nos regards se croisent, et je peux pas m'empêcher de sourire.

- Toujours en vie.
Allez, qu'est-ce qui va pas ?


J'vois qu'il y a plus de tapis devant le double-lit. Je suppose que ma femme est en train de le nettoyer. Je m'approche du détective et m'agenouille devant lui. Je lui passe une main dans les cheveux, pour être rassurant.
Ils sont gras. Et remplis de pellicules.

- Bon écoute... Ici t'es chez moi, et l'hospitalité c'est sacré.
Mais tu peux pas rester là si tu te tiens pas un minimum.
Alors lève toi maintenant.


Je le soulève par le bras, mon autre main se saisit de son (Enfin, mon) seau. Seau à champagne d'ailleurs, et il a tout vomis dedans.
On va dans la salle de bain.

Dedans il y a une grosse baignoire en céramique, débordant d'une eau claire et chaude. Je retire les fringues du détective. Je les balances dans une corbeille, et je crie dans le couloir à ma femme qu'il faut qu'elle fasse une machine. Parce que oui, on a une machine à laver, on ne lave pas à main nues comme 95% des gens.

Je le balance dans l'eau. Je lui enfonce la tête dessous, juste trois secondes. Quand il sort il se met à tousser. J'attrape les produits sur le côté, et je lui en badigeonne.
Avec une éponge, je me met à le frotter. Des fois je me mets à grommeler des insultes. Surtout quand je dois lui décrasser sous les jambes. Il a une bite moche, avec du blanc, des saletés sur le prépuce. Je lui touche pas ça, mais je lui ordonne de s'en occuper.

Le temps qu'il le fasse, moi je m'attelle à faire son shampoing. C'est dégueux. Je crois qu'il a des poux. En tout cas je lui en sors un, et l'écrase sous mes doigts. Je m'en vais un instant, le laissant tout seul dans la salle de bain dont l'eau est débordante de mousse, et je lui signifie, en ricanant, qu'il y a un canard de bain si ça l'amuse.

Quand je reviens, c'est avec un couteau de barbier. Je m'approche de lui, et bien qu'il semble se débattre, je m'exécute. Je lui rase le visage. Je lui rase la tête. Pas entièrement, mais quand même. Je m'arrange pour qu'il ait une coupe de militaire, les cheveux tous fins, pour que les poux aillent pas se reproduire dessus.
Maintenant le bain il est débordant de mousse et de poils. C'est déjà mieux. Il est désinfecté. Je le laisse barboter comme un enfant un long moment tandis que je vois ma femme en train de faire sa lessive dans la buanderie. Elle continue de m'engueuler, m'en voulant de l'avoir laissée toute seule et d'être presque mort, mais je l'écoute pas. Je suis trop occupé à chercher des fringues à la taille du détective. Je prend ceux de mon garçon, ça lui ira très bien.

Une fois qu'il est dehors de son bain, je lui jette une serviette pour qu'il se sèche, et je lui donne les vêtements propres. Chemise, chaussettes, pantalon court. Il est présentable. Enfin il est présentable.
Enfin. Il est pas trop présentable, parce qu'il a les yeux couvertes de cernes, rouges, et la peau blanche. Et il arrête pas de trembler.

- Vient, j'vais te faire du café.

***

Il est assis sur la table de la cuisine, tandis que ma femme pose devant lui une tasse et une cafetière fumante. Elle le sert. Mais elle me sert pas moi. Elle s'en va immédiatement, et nous laisse tous les deux.

- Bon... Bah t'as vu. On est chez moi.
Ça le fait pas vrai ? J'ai presque remboursé le crédit, il me reste encore deux ans.
Tu vas comment ?


Il a pas l'air d'aller bien.

Mais il faut se mettre au travail.

- Le commissaire a dit que j'étais hors de l'affaire. En congé. Mais quelque chose ne va pas. Quelque chose cloche.
Je n'avais prévenu aucun renfort. Et pourtant, là, ont débarqué des tas d'arbitrators armés jusqu'aux dents pour me secourir. C'est suspect. Je commence à me demander s'il y a pas une conspiration qui concernerait les pontes de la planète Hécate...
Avant de mourir, Zagreus Khane m'a confié qu'il n'avait pas retiré l'implant de la jeune fille. Il en a juste modifié la fréquence, pour qu'on la camoufle. Tu étais donc sur la bonne piste. Bravo. Tu mérites ta paye.
Mais on n'en a pas encore fini. Il faut la retrouver.


Je me sers un verre de café.

- Mais pour l'instant faut que j'aille chercher mes gosses à l'école.
Tu viens ou tu restes là ?
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mer 25 Jan - 18:12

Pas très vaillant, je me laisse conduire à la flotte comme un petit enfant. Le décor est trop étrange, la menace trop proche, pour que je garde mon comportement habituel. Et il y a les nausées et les vagues de souffrance provoqués par le manque de béquille chimique. J'ai l'impression que mon squelette va se briser chaque fois que je bouge.
Le flic me parle d'une voix douce que je n'ai jamais entendu avant, preuve que je dois vraiment avoir une sale gueule. Son comportement m'étonne d'ailleurs, je ne l'ai jamais connu faisant preuve de ce type de bienveillance. Peut être qu'il a l'habitude de laver des gens en fait, avec ses enfants tout ça. Je ne m'étais jamais vraiment posé de question à propos de sa vie là haut. Je connais que le costaud déterminé qui hennit "vive l'Empereur" chaque fois qu'une mouche pète. Tu me diras, c'est dans son intérêt aussi que je sente pas la vieille charogne, mais il aurait pu s'y prendre beaucoup moins délicatement.

Ca fait très longtemps que j'ai pas vu une vraie salle de bain. J'ai l'entrejambe qui me fait un peu mal parce que j'ai frotté de trop bon coeur. Le flic me fait pencher la tête en arrière pour me savonner les cheveux. Maman faisait pareil quand on était petit, ça me perturbe, la sensation des doigts sur mon crâne. Repenser à l'époque d'avant l'arrivée des soldats chez nous ne m'arrive pas souvent, j'ai en général trop à faire avec le présent pour m'encombrer la tête. Puis c'était y a si longtemps. Je suis même pas sûr de la fonction de tous les objets présents dans la pièce.
Mon hôte revient avec une grande lame, pour faire un sort à mes poils. Je sors de mon hébétude pour protester avec ce qu'il me reste de vaillance. C'est pas évident de lutter dans une baignoire, et le flic a aucun mal à m'immobiliser d'un bras. Une prise qu'on lui a probablement appris dans l'espèce de camp de travaux forcés qu'il appelle son centre de formation. J'essaye de me décoller de lui, je rue, l'eau vole partout, mais il me serre fort comme un boa en train de tuer une chèvre. Je me sens humilié par ma position, tout nu et contraint physiquement. J'arrête de me débattre juste pour qu'il me lâche. Mais ensuite il s'en prend à mes cheveux. Je lui griffe les mains en essayant à tâtons de l'empêcher de me raser. Je vais être défiguré avec la boule à zéro ! Déjà qu'il me fait une tête de puceau, en plus il décide de ma coupe de cheveux !

Une fois le massacre fini, le miroir me renvoie le regard malheureux d'un petit cancéreux prépubère. Un petit cancéreux propre, cela dit. J'ai jamais été très fan d'hygiène, le vieux a pas inclue ça à mon éducation. Et vu l'épave que je suis, le bain m'a épuisé. Je me laisse guider devant du café comme une vache vers le pré. Et c'est reparti pour parler boulot. Je me laisse presque avoir, mon esprit a envie de se concentrer sur la recherche de cette fille pour échapper au reste, mais je me laisserais pas faire. Je me mets à parler d'une voix atone, en passant sans arrêt la main sur mon crâne, incapable de croire au désastre sur ma tête.

Ecoute je... je peux pas rester ici, si je vis en bas c'est pour une bonne raison, aide moi à descendre je... tu vas me tuer si tu m'aides pas. De toute façon je sers à rien ici, malade et indigent.

Il y a un miroir dans le couloir, que je vois depuis ma place grâce à la porte ouverte. Mon reflet se lève de sa - ma - chaise, et s'approche du miroir en m'adressant un rictus venimeux. Ca me fait bizarre de me voir avec cette expression là, quasiment inhumaine. Moi je bouge pas et je contemple ça tétanisé de trouille. Personne d'autre ne semble remarque quoi que ce soit. Le visage de mon double se transforme en un masque de haine quand il regarde dans la direction du flic. Les dents exposées, les yeux dilatés de fureur. Puis il repose son attention sur moi et son expression devient celle d'un requin sur le point de boulotter une sardine. Des petites dents rongées par l'alcool se dévoilent sur un sourire carnassier. Et les yeux... c'est pas humain. Je détourne le regard. J'en ai quasiment pas entendu le flic me dire qu'il a besoin de moi, et que je risque rien avec lui, et râler sur mon manque d'attention. Je continue les protestations, cherchant l'argument qui le pousserait à m'aider. J'en viens quasiment à mentionner la vérité, de désespoir.

- J'ai... j'ai un implant sur la hanche, il s'est pété contre Khane, y a qu'un type en bas qui peut me le réparer, c'est de la bricole de fortune, ils sauront pas y faire ici.

Il me demande pourquoi j'en ai besoin.

- C'est un truc hormonal chiant, je vais crever si je l'ai pas. C'est pas pour de la drogue j'te jure ! Et puis j'ai besoin d'un... d'un toubib. - pour ne pas dire "dealer" - Mais c'est surtout pour l'implant qu'il faut que je redescende ! Tu comprends pas !

Parler aussi longtemps me fait mal, en l'état. Mais la vision du miroir m'affole trop. J'avais pas eu des hallucinations aussi nette depuis l'enfance. Le vieux m'a dit que c'était une façon pour mon cerveau d'interpréter les chuchotements des démons, vu que le chaos n'est pas compréhensible pour un esprit humain. Du coup j'enchaîne, criant presque à cause de la nouvelle vague de douleur que provoque mon cerveau assoiffé de psychotropes.

- De toute façon c'est un complot ton truc, tu vas te faire buter si tu continues de t'en mêler ! Même des gens de ton boulot sont dedans !
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Lun 30 Jan - 22:09

- Pourquoi être aussi pressé de partir ? Tu viens juste d'arriver.

C'est vrai ça. C'est suspect. Je pensais qu'un mec venu des bas-fonds serait heureux de goûter à ça, la vie en haut. Du coup, je ne peux pas m'empêcher de serrer les dents et les poings.

- Oui on va aller dans les bas-fonds, parce qu'on a une mission à terminer.
Tu crois que j'ai peur de savoir qu'il y a des gens qui complotent dans mon dos ? Mais enfin, tu ne comprends pas ? Si je détourne le regard ou abandonne, alors je ne suis pas digne de la paix et de l'amour de l'Empereur.


Je dis ça à voix basse. Je le hurle pas, comme un sermon. Parce que je sais que ma femme est encore dans le coin.
J'aime ma femme, entendez bien. Je ferai tout pour elle, elle est ma raison de vivre, tout ça... Mais des fois, je doute de sa loyauté envers l'Imperium. Oh, c'est une bonne croyante, elle va à la messe du dimanche et sers à la soupe populaire. Mais c'est juste que l'Empereur demande un peu plus que ça. On doit être prêts à donner nos vies pour Lui. Cela me rend triste comment les gens ne partagent pas mes tendances fanatiques. Parce que le fanatisme c'est l'amour, et on aimera jamais son époux plus qu'on aime Dieu.

- Bon, bon... Calme-toi. T'as l'air de flipper. Tu sais, ça te ferait bien d'arrêter la drogue. Ton corps est un temple. Regarde, tu n'es pas plus beau comme ça ? Enfin... Plus propre ? Tu avais des poux et la gale. Je devrais te désinfecter.
Moi je pense que, tu devrais rester là quelques jours, à cuver un moment. J'ai une chambre d'ami tu sais. Et l'Empereur nous a dis qu'il fallait aider son prochain.
En plus je dois encore me remettre de mes blessures, et toi aussi. Ne t'inquiète donc pas pour ton implant hormonal. Si c'est si grave que ça, on passera par le Medicae.


C'est vrai qu'il y a des techno-prêtres qui pourront réparer son implant. Pourtant, non, il refuse. Il s'obstine de refuser, presque paniqué. Comme si le simple fait que je suggère de le mettre entre les mains des techno-prêtres serait une torture atroce.
J'avoue que ce sont des gens bizarres, mais il y a des limites à la fin.

- Écoute... J'ai plein de choses à faire. Faut que je m'occupe de mes gosses, entre autres. Je peux pas partir tout de suite. Il faut que je fasse acte de présence et que je rédige une déposition au commissariat. J'ai une tonne de paperasse. Toi tu te rends pas compte, le travail que c'est mon boulot ! Je suis obligé de passer des heures devant l'ordi à taper des rapports, et toi avec tes bêtises tu vas encore m'en apporter plein !
Alors, si tu veux tant renier mon hospitalité, je veux bien, mais tu seras pas payé tout de suite. Sérieux, tu peux bien passer quelques jours ici non ?
Dis-moi sérieux... Il y a pas... Des choses que je suis censé savoir, hein ? Tu me mentirais pas ? Pas à moi ?
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MessageSujet: Re: Morior Invictus    Mar 31 Jan - 14:48

Je baisse le nez sur mon café. J'ai du mal à réfléchir, mais j'en comprends assez pour savoir que je suis dans la merde. Mon ami flic ne me fera pas le crédit de me croire sur parole quand je lui dis que je dois retourner en bas. Absolument. Ils vont venir, ils sont déjà venu. Comment ils ont su ? Je sais pas, ils doivent avoir un moyen très précis pour trouver tous les enfants qui entendent les démons. Le vieux m'a jamais dit, comment il a jamais parlé du reste. Et maintenant je suis coincé avec celui là qui veut pas me laisser partir et mon implant pété. Je peux pas lui expliquer. Il va me buter. Je suis une grosse bombe à retardement dans la maison de ses gosses. J'ai la tentation de tout lui expliquer quand même, parce que j'aimerais connaitre la vérité avant de mourir. Mais j'ai jamais été doué pour les confessions chelou alors je lui dis non, comme un con. Et je cède.

J'ai envie de continuer à chercher la fille, parce que ça m'occuperait l'esprit et que ça fait trente putain de mille bastos. Mais la sobriété me laisse faible et pas très confiant. J'ai peur de ce qui m'attend au bout.

- Bon je peux pas m'occuper à la recherche de la fille pendant que tu fais la paperasse et les gosses là ? J'vais pas rester au lit comme une vieille. T'as pas un terminal où je pourrais bidouiller ça ici ?

J'essaye d'afficher une énergie que je suis loin d'avoir. Je me sens fragile. Et mon reflet dans le miroir du couloir me fait des signes. Il me parle, mais y a pas le son avec alors je vois juste ses - mes - lèvres bouger. C'est terrible de se voir soi même dans cet état. J'ai quasiment plus l'air humain. Le teint entre le bleu et le vert, les yeux comme deux billes noires, et une expression haineuse sur le visage. On dirait qu'il me braille dessus mais je comprends pas ce qu'il veut, je lis pas sur les lèvres. Mais il continue en boucle et je le regarde stupidement alors que c'est la dernière chose à faire.
Mes parents ont cru que j'avais une imagination particulièrement active, pour m'inventer un ami imaginaire avec un tel soucis du détail. Ma soeur partageait même mon délire. Puis j'ai commencé à être trop vieux pour que cette histoire ne fasse pas parler parler d'elle, et les soldats sont arrivés et...

- Le centre DIU...

Je sais pas ce que c'est, les mots sont sortis de ma bouche tout seul. J'espère que l'autre a pas entendu. Mon esprit malade avait peut être juste envie de parler de sterilet.
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